« Quand la peur s’habille trop bien, on finit par l’applaudir. »
— Proverbe cousu sur un mur de Gayma
Dans un pays imaginaire d’Afrique de l’Ouest, une junte militaire prend le pouvoir sous les acclamations.
On parle de refondation. On distribue des tissus patriotiques. On fait taire les poètes.
Mais sous le bazin amidonné de la souveraineté, la peur s’installe — cousue à petits points.
Un enseignant tient un carnet.
Une poétesse récite à voix basse.
Un journaliste disparaît.
Et sous un manguier, une vieille femme raconte encore.
Pendant ce temps, des enfants commencent à recopier des phrases qu’on croyait interdites.
À mi-chemin entre le conte, la fable politique et le chant de mémoire,
Le boubou neuf de la dictature est une allégorie douce et tranchante sur les illusions du pouvoir et la dignité des silences.



