Blocus de Bamako, mythe protecteur brisé et limites de l’adossement AES-russe
Résumé
Cette note examine la séquence ouverte au Mali par les attaques coordonnées du 25 avril 2026 et prolongée, jusqu’au milieu du mois de mai, par le blocus de Bamako, les revers territoriaux du Nord, la persistance des violences au Centre et la reconfiguration du sommet sécuritaire. L’analyse porte sur la capacité du régime d’Assimi Goïta à rétablir l’équilibre politique, militaire et symbolique qui soutenait sa survie depuis 2021. La thèse est la suivante : la junte peut encore se maintenir, mais elle ne semble plus en mesure de restaurer la configuration antérieure. Le 25 avril a fissuré quatre piliers du régime : l’image protectrice de Kati et de Bamako, la cohésion de commandement structurée autour de Sadio Camara, la crédibilité territoriale du dispositif FAMa-Africa Corps et l’efficacité du récit souverainiste porté par l’AES et ses relais numériques. En mobilisant les travaux sur le djihad de la rareté, l’autoritarisme légal, la souveraineté fragmentée, la résilience contrariée, la digitalisation et les mécanismes d’adaptation, cette note montre que le pouvoir malien est entré dans une phase de survie dégradée où la coercition compense de moins en moins l’érosion de la capacité de gouvernement.
Mots-clés : Mali ; Assimi Goïta ; JNIM ; Bamako ; AES ; autoritarisme ; souveraineté fragmentée ; blocus
Codes JEL : D74 ; H56 ; O17 ; P16 ; F51



