Cet article analyse les conditions macroéconomiques et institutionnelles dans lesquelles la discipline budgétaire peut devenir un moteur de croissance productive plutôt qu’une contrainte d’austérité. Il introduit le concept de discipline transformationnelle, définie comme l’interaction cumulative entre une rigueur budgétaire crédible, un financement public efficace et une transparence institutionnelle. Cette approche intégrée repose sur l’idée que la soutenabilité budgétaire ne se limite pas au contrôle du déficit, mais dépend de la qualité de la dépense publique et de la crédibilité des institutions.
La recherche mobilise un modèle économétrique dynamique de type ARDL/ECM et ses extensions en panel (PMG et CS-ARDL), appliqués à dix pays de l’UEMOA et du Sahel sur la période 1990–2024. Trois indices composites sont construits et validés : l’Indice de Discipline Fiscale (IDF), l’Indice de Financement Public Productif (IFP) et l’Indice Étendu de Discipline Fiscale (IDF+), qui intègre la transparence budgétaire. Les tests de fiabilité (ACP, KMO, alpha de Cronbach) confirment la robustesse statistique de ces indices.
Les résultats montrent que la discipline crédible exerce un impact positif significatif sur la croissance (+0,35 point de pourcentage), que la dépense productive amplifie cet effet (+0,38 point) et que la transparence renforce leur interaction (+25 %). L’interaction IDF × IFP (+0,12) confirme la complémentarité structurelle entre rigueur budgétaire et efficacité de la dépense.
Les simulations prospectives suggèrent qu’une amélioration de trois points du taux de pression fiscale, de deux points de l’investissement productif et de 25 % de la transparence pourrait accroître la croissance régionale d’environ 1,2 point par an d’ici 2030. L’étude conclut que la discipline budgétaire transformationnelle, fondée sur la crédibilité, la productivité et la gouvernance, représente une voie durable vers la souveraineté économique africaine.
https://www.ijisrt.com/assets/upload/files/IJISRT25OCT556.pdf



