Cet article explore l’ambivalence de l’intelligence artificielle (IA) dans les démocraties fragiles d’Afrique de l’Ouest, à partir d’une étude qualitative menée auprès de 385 participants au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Il met en évidence un double usage de l’IA : comme outil de répression numérique (surveillance, censure, désinformation) et comme levier de mobilisation citoyenne (vérification de l’information, cartographie, activisme de la diaspora). Cette tension confirme que l’IA peut à la fois renforcer l’autoritarisme et soutenir l’action démocratique.
L’article introduit deux concepts :
- la souveraineté algorithmique contrariée, qui renvoie à la dépendance structurelle des États africains vis-à-vis des technologies étrangères ;
- la vulnérabilité algorithmique, qui caractérise leur exposition accrue aux manipulations numériques.
L’étude appelle à l’élaboration d’un cadre africain de régulation de l’IA et à des recherches comparatives et longitudinales sur ses usages politiques en contextes fragiles.
https://www.ijisrt.com/assets/upload/files/IJISRT25OCT151.pdf



