Résumé
La relation entre démocratie substantielle et développement inclusif au Mali, au Burkina Faso, au Niger et au Tchad révèle une crise qui ne relève pas seulement de la rareté. Elle tient aussi à l’érosion de la reddition de comptes, du pluralisme, de la prévisibilité institutionnelle et de la capacité de l’État à orienter les ressources vers des biens collectifs visibles. À partir d’une comparaison qualitative, cet article identifie quatre mécanismes qui entretiennent le cercle vicieux sahélien : la budgétisation militarisée, l’opacité fiscale, la marginalisation territoriale et la dégradation de l’apprentissage politique de l’État. Le détour comparatif par le Botswana, le Ghana, Maurice et, dans une moindre mesure, le Sénégal montre qu’une démocratie substantielle ne garantit pas mécaniquement l’inclusion, mais qu’elle améliore les conditions de la prévisibilité, de la confiance et de la correction des choix publics. L’analyse conduit à préciser les conditions institutionnelles, fiscales, territoriales et sociales nécessaires à une réversibilité du blocage sahélien.



